Critiques artistiques


"Quand on parle de S. Kubrick, il faut forcément parler d'un grand artiste du cinéma, un artiste de l'image." M. Perreau, directeur de l'APAC

L'Esthétique.

Kubrick est en effet un artiste. Il est alors impossible de le dissocier de l'esthétique.

 

L'esthétisme, toujours très riche, très particulier, souvent lourd, rien n'est fait au hasard, tous les éléments ont une signification, toute la mise en scène est porteuse de la visée didactique du film.

 

 Les inrockuptibles, date inconnue, JD Beauvallet : "son invention visuelle, son humour, sa valeur cartésienne et sa dimension opératique, Orange mécanique captive tout par sa mise en scène."

 

Séquence d'ouverture, Analyse:

 

L'omniprésence du Rouge, donne une connotation violente, une expression chromatique du sang, mais aussi naturel, caché dans l'orange: Le rouge.

Le Fond est à la fois rempli et vide, il y a donc image, et absence d'image. Esthétique se confond ici encore avec violence (cf scene du vieillard)

Nature et artifice fusionnent dans cet écran saturé de rouge, L'image même de l'association de mot composant le titre : Orange/Mécanique

C'est l'expression, la représentation par les codes cinématographique d'une violence qui appartient à la nature de l'homme, c'est à dire le sang.

Dès le premier plan, les choix stylistiques sont motivés par une obsession de la violence :

-en plein écran rouge

-plan fixe (oeil contraint de s'enfoncer dans ce rouge)  (cf l'histoire, On oblige le héros à regarder des images violentes)

-La durée, longue, pour un seul plan

-Musique, le spectacle audiovisuel qui commence

-Une toile de fond, l'identité du film s'inscrit dessus, comme au théatre

 

PUIS L'oeil d'Alex, première image apparition d'un personnage. Le Film se définit avec cet oeil, l'oeil est le propos de ce film. Sa présence est omniprésente. Il est au centre du plan, maquillé pour être artificiellement plus ouvert : l'expression anglaise "eye opener" (=un discours qui rend lucide)  Tout est concentré dans cet oeil qui nous regarde.

 ==> C'est une violence générique.


Conclusion, cette séquence n'est qu'un exemple, nous aurions pu nous pencher sur n'importe quelle autre partie du film. Mais nous avons trouvé celle ci très interessante car la séquence d'ouverture marque le début d'un spectacle visuel et sonore, tout introduisant l'aspect de violence, dès le début, implicitement voire de manière subliminale.

Ici encore la richesse de l'oeuvre est visible par le fait que l'on peut se permettre de s'attarder longuement sur un simple fond rouge, à premiere vue normal. La présence d'une telle richesse cachée par une telle simplicité est remarquable et illustre bien la maitrise de l'image de Kubrick.

 

 

******Travelling arrière*******

 

 

Après ce zoom sur une scène, on analyse et critique maintenant la mise en scène générale du film. Elle n'est effectivement pas faite pour embellir le film, au contraire...

Wikipédia d'après un journaliste de L'humanité :

: "L'apport de Kubrick est avant tout visuel, caractère à travers le baroque des décors, des costumes, des maquillages, l'esthétique "pop art" ".

"Orange mécanique est barbare et laid."

>>Tout est repoussant, Tout est mis en oeuvre pour heurter la sensibilité du spectateur afin de renforcer le côté marquant du film, et de soutenir cette vision péjorative déjà portée dans l'intrigue et les scènes d'ultra violence

 

Dans tous les éléments esthétiques, l'étrange domine :

 

>Dans la Musique

Le Monde (22.04.1972), article sur le cinéma, Jean de Baroncelli :

'L'accompagnement musical, souvent très culturel, déborde d'humour" "Ses plans déformés sa profanation de Beethoven"

"Cette transformation de Beethoven en ritournelle assez mécanique..." M. Perreau (4:59)

Les inrockuptibles, date inconnue, JD Beauvallet : "Une amplitude stylistique."

 

>Dans les Costumes, sur lesquels l'accent est mis sur l'étrangeté, en rapport avec le futurisme.

 

Michel Chion 2005 Stanley Kubrick humain, ni plus ni moins. "l'étrangeté vestimentaire"

 

Nouvel observateur, 24 avril 1972, Jean-Louis Bory : "Les costumes étonnent"

 

>Dans les Images, riches et puissantes, qui font de ce film de chef d'oeuvre admiré par les plus grands. (cf séquence d'ouverture)

Le Monde (22.04.1972), article sur le cinéma, Jean de Baroncelli :

"richesse visuelle "

"Les images : un paroxysme, haine, cynisme, veulerie, terreur, etc. " 

 

>Dans les décors

 

"Les décors : gigantesques, étouffants, saugrenus, ou simplement hideux"

 

 

>Dans le jeu des acteurs :

 

Le langage d'Alex par exemple est très spécial, "Fascinant". C'est pour donner du poids au personnage, lui apporter une profondeur supplémentaire. Kubrick a bien respecté la façon de parler du personnage d'Alex par rapport au livre. On peut rajouter que l'acteur incarnant Alex, Malcolm McDowell est très fameux et à l'aise dans ce rôle. 

 

 

>> Souvent les critiques, sans être négatives, comprennent une multitude de termes et adjectifs péjoratifs pour qualifier les éléments scénographiques. Les mots "hideux", "laid", "barbare" reviennent souvent. Ce qui est interessant c'est que l'on pourrait appliquer ces adjectifs aux éléments violents vus dans la première partie sur la polémique.

 

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Toute cette richesse esthétique permet d'arriver à de telles conclusions :

Le Monde, samedi 8 mai 1993, Laurent Zecchini :

"chef-d'oeuvre" "oeuvre majeure" "baroque"

Nouvel observateur, 24 avril 1972, Jean-Louis Bory :

"film phénoménal, à force d'intelligence et de rapidité musclée" "un mélange d'astuce logique et de fantastique"

  "Un film techniquement brillant, intelligent, pertinent, poétique et qui ouvre des perspectives à l'esprit"

La comparaison Royaume Uni/ France est ici inutile : les critiques saluant l'esthétique du film sont unanimes, quelque soit le pays. Il est certainement très rare de ne pas reconnaître le génie de Kubrick dans sa mise en scène, lorsque l'on s'y penche de plus près.

 

 

"Orange Mécanique est de ces films qui tatouent une époque"






 

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